Confinement : Traverser les émotions qui nous submergent

Dans cette période de confinement, quelle que soit notre situation particulière, nous sommes confronté(e)s à des émotions et des sentiments.

Notre quotidien est bouleversé, les repères habituels ne sont plus là, les horaires changent, les conditions de vie, les emplois du temps, les contraintes changent, nous sommes dans l’incertitude et l’imprévisible du lendemain. Ce sont des facteurs stressants qui génèrent des sentiments, des émotions qui peuvent être là en sourdine ou bien se manifester très fortement. Ils sont tout à fait légitimes.

Toutefois s’ils sont trop forts et envahissants, ils peuvent devenir invalidants.

Comment les aborder, les appréhender?

Le fait d’en prendre conscience, juste regarder ce qui se passe, le reconnaitre permettra que nous soyons plus sereins dans nos rapports à nous même et aux autres, moins irritables, avec moins d’envies compulsives.

 

1- PRENDRE LE TEMPS DE S’ARRÊTER, pour suspendre le flot émotionnel, accueillir ce qui se passe et mettre des mots dessus.

Dans ce retour sur moi même, sur mon état du moment je le reconnais simplement comme étant là, sans le rejeter, ni y adhérer, et je me dis par exemple : « C’est normal, j’ai le droit de ressentir cela… »

 

J’ai peur, je suis anxieux(se).

Peur d’être malade, peur pour ses proches, peur des conséquences financières…

Nous pouvons nous sentir anxieux, nous ne savons pas trop pourquoi, on peut ruminer, avoir des peurs anciennes qui remontent.

 

Je me sens seul(e), triste

Le confinement isole même si on est en famille, et on peut se sentir seul(e) même s’il existe de nombreux moyens de communiquer. La limitation de nos échanges peut perturber notre équilibre et engendrer de la tristesse.

 

Je me sens impuissant(e), dépassé(e)

On ne sait pas quelle sera la suite, elle nous échappe. La situation est imprévisible, on n’a pas la possibilité de la maitriser. Quand finira le confinement, l’épidémie ? Comment va t-on s’en sortir ? Comment va se passer la suite ? Que vais-je devenir ?

 

Je suis irritable et en colère, face aux inégalités, aux injustices.

On peut avoir un jardin, il y a ceux qui vivent à la campagne et ceux qui sont serrés dans un tout petit appartement. On peut avoir besoin de travailler et n’avoir pas le droit de le faire, ou être obligé(e) de travailler et avoir peur de le faire… Cela peut contribuer au sentiment de colère.

Le fait d’être les uns sur les autres, ne pas forcément avoir d’espace à soi, se sentir obligé(e), se sentir contraint(e) de tenir compte de l’autre… tout cela peut engendrer de l’irritabilité.

 

Je m’ennuie, je n’ai envie de rien, je n’ai pas le moral, je remets tout au lendemain.

 

Je ressens de la culpabilité, parce que je n’y arrive pas.

 

 2- ALLER DANS LES SENSATIONS DU CORPS

Après ce mouvement de recul, conscient(e)s que nous sommes irritables, en colère, tristes… nous pouvons, « descendre » dans le corps, et porter notre attention sur les sensations, en nous demandant : « Où est cette émotion dans mon corps ? » Rester concentré(e)s sur le premier endroit qui se manifeste, puis chercher si il n’ y aurait pas un autre endroit, parcourir le corps, revenir sur le premier endroit et rester avec les sensations… jusqu’à ce qu’elles s’estompent.

Les émotions si elles ne sont pas alimentées par des pensées, s’éteignent d’elles mêmes. Si les sensations et les émotions reviennent, on recommence le processus.

 

3- RESPIRER

Plusieurs fois par jour nous pouvons accorder de l’attention à notre respiration, nous oxygéner par une respiration plus ample, parce que, quand on est en stress, on a besoin de plus d’oxygène et paradoxalement on ne respire pas à fond.

Il existe une petite application simple à télécharger : RespiRelax proposée par les thermes d’Allevard. Vous pouvez régler le temps, et la durée comme vous le voulez. Dans la cohérence cardiaque, il est conseillé pour apaiser le stress de faire l’exercice 3 fois par jour, 5 minutes, avec des respiration de 5 secondes. On retire beaucoup de bénéfice de cette pratique qui ne demande que 15 minutes par jour.

Elle permet de retrouver calme et sérénité en quelques minutes. Autrement dit, elle peut apaiser l’angoisse en rééquilibrant l’arrivée d’oxygène et le rejet de gaz carbonique.

 

Nous pouvons saisir l’opportunité de cette situation pour introduire dans notre quotidien quelques nouvelles pratiques : s’arrêter quand on se sent submergé(e) par les émotions, pour observer ce qui se passe en termes de sensations et prendre quelques minutes par jour pour respirer.

C’est là que nous pouvons agir. La situation nous échappe, nous ne savons pas quel sera notre futur, nous pouvons toutefois agir sur les petites choses de notre quotidien, nous devenons plus acteurs et du coup nous nous renforçons moralement et aussi physiquement.

Et si nos émotions nous submergent, c’est aussi peut-être le moment, puisque c’est là, de se faire aider.